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31 août 2021

Le Troisième Reich, des origines à la chute, témoignage par William L. Shirer - volume 1

Shirer 2 tomes

J’ai pourtant déjà lu une foule d’ouvrages sur l’ascension et la chute d’Hitler mais je reconnais aujourd’hui, dans le travail de William Shirer (1904 – 1993), des qualités d’analyse d’archives et de synthèse, et surtout son originalité puisqu’il s’agit du témoignage direct d’un correspondant de Presse présent à Berlin, Munich et Vienne jusqu’à son expulsion en 1940.

Je culpabilise de n’avoir pas lu cet ouvrage plus tôt car j’y apprend une foule d’éléments passionnants. Bien des études ont depuis approfondi le sujet, je pense en particulier à la monumentale biographie du dictateur par Ian Kershaw, à des films et documentaires qui l’ont approfondi.

Cependant la fluidité du récit – écrit par un journaliste et non un universitaire - et ses nombreuses citations méritent la plus grande attention. Malgré le reproche de parti-pris adressé parfois à l’auteur, mais comment pourrait-il en être autrement ?

La plus époustouflante de mes découvertes concerne les prémices et les conséquences des accords de Munich. Une occasion unique de se passer d’un conflit mondial, inexplicablement ratée.

Je n’ai pas lu « Mein Kampf » mais William Shirer en cite de nombreux passages et l’on se demande pourquoi tant de têtes politiques de l’époque – en Allemagne et surtout ailleurs - n’ont aucunement pris la mesure de son projet, qu’il a appliqué point par point jusqu’au cataclysme mondial et à l’anéantissement de l’Allemagne.

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Quelques exemples : « Avec une même netteté, je me rendis compte de la puissance de la terreur physique sur l’individu et sur les masses … En effet, tandis que la victoire apparaît à ceux qui l’ont remportée comme le triomphe de la justice de leur cause, l’adversaire vaincu ne croit plus, dans a plupart des cas, au succès de la résistance à venir. »

« Les masses populaires ne sont remuées que par le pouvoir de la parole. Or tous les grands mouvements sont des mouvements populaires, des éruptions volcaniques des passions humaines et d’élans irrationnels, activés tantôt par la déesse cruelle du malheur, tantôt par un brandon universel qui enflamme les foules. Ils n’ont rien de commun avec les flots de fade limonade déversés par les esthètes littéraires et les héros de salon. »

Car Hitler dit tout dans « Mein Kampf » … sauf sur l’économie à laquelle il ne comprenait rien. Selon lui, l’Etat est un organisme racial et non pas une organisation économique, et encore « Toute la culture humaine, tous les résultats apportés par l’art, la science et la technologie dont nous jouissons aujourd’hui sont presque exclusivement dus au génie créateur de l’Aryen. »

La somme de mensonges, de trahisons, de coups de bluff réussissant grâce à la faiblesse des Puissances voulant jouer l‘apaisement – comment calmer un forcené hystériquement diabolique et suprêmement malin jusque dans l’horreur, totalement dénué de tout principe humaniste ?

Alors, quand j’entends prononcer le mot « dictature » à propos de notre démocratie, je suis tout simplement outrée de l’ignorance absolue de l’Histoire professée par des foules de braves gens, hélas et comme jadis, facilement manipulés.

Mon angoisse : il existe aujourd’hui de par le monde – et aussi en Europe - des dirigeants fanatiques qui ont lu – ou dont les conseillers diplomatiques ont étudié, car cela demande un effort – cet ouvrage et seront tentés d’appliquer les méthodes agressives du Führer diabolique. Que la Communauté internationale ne leur fasse aucunement confiance … Les promesses de tels autocrates ne seront jamais tenues.

 

 

Le troisième Reich, des origines à la chute – Tome 1 (des premiers pas à 1939) par William Shirer, publié en 1960 par Simon et Schuster à New York, édité chez Stock en 1961 – 683 p. en édition originale.


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