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13 juin 2016

George Desvallières, la peinture corps et âme

affiche

L’art de la fin du XIXème siècle et jusqu’à la première moitié du XXème est un monde foisonnant : nous en retenons souvent seulement les maîtres qui ont bouleversé la vision du monde pictural : impressionnistes, cubistes, expressionnistes allemands … que la doxa contemporaine nous a imposés en oubliant des artistes plus classiques, que l’on redécouvre progressivement aujourd’hui, jusques et y compris les « pompiers » (comme Alexandre Cabanel) … ce qui n’est pas le cas de Georges Desvallières.

autoportrait à 3 ans

Christcolonne

Christmidinettes

Parmi ces peintres qui ne furent pas maudits mais bénéficièrent très tôt d’un accueil chaleureux au Salon des Artistes Français et de commandes publiques, George Desvallières (1861 – 1950) fait l‘objet au Petit Palais, d’une première rétrospective.

Etonnant. Mais ce long passage sous silence peut avoir plusieurs explications : « pas à la mode », "peinture officielle", et le pire :  peinture catholique !

En soirée

Il fut l’élève de Gustave Moreau et commença sa carrière avec les symbolistes, puis les naturalistes, avec des sujets mythologiques. Portraitiste recherché – il est reçu dès 1883 au Salon – il participe à la création du Salon d’Automne – justement dans ce Petit Palais - en 1903 et y accueille les premiers « fauves » ainsi que les cubistes qu’il défend contre la critique.

C’est donc un contemporain des Impressionnistes et de ces jeunes femmes qui fréquentaient l’académie Jullian, mises en scène très récemment dans « L’atelier des poisons » de Sylvie Gibert, mais imperméable à leur nouvelle manière.

En 1914, à 53 ans, George Desvallières s’engage comme officier et combat âprement pendant toute la guerre. Son fils de 17 ans y est tué. Profondément marqué par les horreurs vécues et son deuil, il fait vœu de se consacrer désormais à l’art sacré. Il se lie avec Léon Bloy, militant du catholicisme social, les peintres Maurice Denis, Georges Rouault, Henri Martin … Il décore des chapelles, crée des cartons de vitraux – en particulier pour l’ossuaire de Douaumont – ou de tapisseries.

Son œuvre de l'après 1918 est pleine de fureur, de souffrances et de mouvement, lyrique et sombre, en contraste avec les scènes de genre et les portraits mondains du début de sa carrière, mais toujours avec ce trait puissant, nerveux, des couleurs flamboyantes même assombries, traversées de la lumière divine.

On reste un peu frustré toutefois de ne découvrir qu’une faible partie de l’immense production de ce peintre encore ancré dans la tradition et qui semble rejeter la modernité. Il faudrait se plonger dans le catalogue raisonné de son œuvre (2875 numéros !) établi par Catherine Ambroselli de Bayser, sa petite-fille.

 

 

 

George Desvallières, la peinture corps et âme, exposition au Petit Palais jusqu’au 17 juillet. Tous les jours sauf lundi – 10€

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • merci! je trouve toujours interessant votre presentation. C'est pour moi un temps d'etudier et de m'amuser. Merci !

    Posté par Olga Sanremo, 14 juin 2016 à 15:01

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