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20 juin 2017

Le verdict du plomb, thriller de Michael Connelly

 

verdictplomb

Dans l’œuvre de Michael Connelly, je « descends » la série des enquêtes de Mickey Haller, l’avocat qui travaille dans sa voiture, rencontré dans « La défense Lincoln ». Et l'auteur nous donne à lire un "crossover" magistral !

Beau gosse, quarante-deux ans, l'avocat vient de se sortir d’une difficile addiction aux antalgiques après la balle qu’il a prise dans le ventre lors de cette première affaire, et reprend son activité professionnelle après une année sabbatique. Coup de chance, il vient d’être désigné comme repreneur du cabinet et des clients de son ami Jerry Vincent, qui vient d’être assassiné. Et dans le lot, il y a l’affaire du siècle : celle d’un richissime producteur de cinéma, Walter Eliott, accusé d’avoir révolvérisé son épouse et l’amant de celle-ci, surpris en flagrant délit d’adultère. Le procès approche, et il n’a que temps de se plonger dans le dossier.

Dans ce genre de thriller judiciaire, c’est la mécanique des plaidoiries qui est disséquée : l’importance du choix des jurés, les rôles respectifs du procureur pour la carrière duquel il importe de ne perdre aucun procès et de l’avocat de la défense, celui du juge, de la Presse … Mickey Haller parle à la première personne, commente chaque stade de la procédure, en une terrible partie de ping-pong où se joue la liberté ou la mort d’un accusé. Et on comprend aussi ses rapports, nécessairement difficiles avec la police, en l’espèce un certain inspecteur Harry Bosch et son obligation de loyauté et de silence vis-à-vis de son client, quelle que soit sa culpabilité réelle ou niée … l’inspecteur du LAPD auquel a été confiée l’affaire du meurtre de Jerry Vincent, qu’i rencontre pour la première fois et qui lui fait penser à quelqu’un …

Ce que l’on constate, c’est que tout le monde ment. Les flics. Les avocats. Les clients. Même les jurés. Et dans cette affaire, le client n’est en effet pas tout blanc avec son acharnement à respecter la date prévue du procès, malgré le changement d’avocat de la défense. Mickey Haller est toutefois sur le point d’obtenir brillamment un acquittement. Mais le verdict sera différent : ce sera celui du plomb.

Encore une construction particulièrement touffue et superbement agencée, avec une montée des périls progressive, un paroxysme final où tout se dénoue dans la violence lors des dernières pages, comme dans tous les romans de Michael Connelly. Le lecteur est embarqué dans la quête de la vérité avec deux protagonistes sympathiques et aux compétences complémentaires … et qui vont se trouver un point commun inouï. On les retrouvera plus tard encore plus proches, dans « Jusqu’à l’impensable » où Harry Bosch travaillera comme enquêteur privé pour le compte de Mickey Haller.

Un polar judiciaire qui se dévore, en se remémorant les décors de la série américaine « Law an Order » dont, naturellement, je suis fan, mais sans la présence du procureur Jack McCoy (Sam Waterston à l'écran) puisque nous somes à Los Angelès et non à Manhattan !

Le verdict du plomb, thriller de Michael Connelly, traduit par Robert Pépin, au Seuil, collection Points, 526 p., 8,50€

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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