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29 septembre 2017

Le jeune Karl Marx, biopic historique franco-belgo-allemand de Raoul Peck

Affinch Karl Marx

Au départ, une commande de la chaîne ARTE pour un biopic «autour de Karl Marx », et ainsi, je me suis demandé si je ne regardais pas un téléfilm à gros budget, avec force de décors et costumes particulièrement léchés.

En fait, j’ignore à peu près tout des thèses marxistes et l’idée de brosser un portrait de ce journaliste, polémiste et philosophe dont les thèses ont enflammé le monde ne me déplaisait pas. Et effectivement, j’y ai appris plein de choses … Car la rencontre du jeune Marx, 26 ans, fils d’un avocat juif converti, avec le tout aussi jeune fils révolté d’industriel allemand dirigeant de filatures à Manchester, est un événement capital (!) dans l’histoire mondiale des idées politiques.

Engels et Marx

La période décrite est celle des années 1844 à 1848, juste avant l’éclosion des mouvements révolutionnaires partout en Europe et la rédaction du « Capital ». C’est un film relativement long et très « écrit », qui montre le basculement conceptuel de ces intellectuels révoltés par la situation dramatique des ouvriers dans les usines de la Révolution industrielle. La réflexion sur le coût du travail, l’emploi massif des enfants, la course à la productivité et au profit, le progrès technique, le mercantilisme mondial est importante … Et à côté de cela, la circulation des idées grâce aux progrès des moyens de communication (je me souviens de la biographie de Julius Reuter), la réaction des régimes autoritaires, les mouvements anarchistes et leurs excès sanglants. Ce qui m’a le plus intéressée est la lutte non pas des classes mais des chapelles constituant les différences obédiences socialistes : des adversaires du couple Marx/Engels comme Wilhelm Weitling ou Bruno Bauer dont je n’avais jamais entendu parler. Un syndrome qui reste terriblement actuel …

Le film est assez didactique, on a un peu de mal à suivre même si comme nous, nous comprenons l’allemand et l’anglais et pouvons plus facilement suivre les sous-titres, mais de mon point de vue, et paradoxalement, pas tellement militant, malgré le cursus du réalisateur Raoul Peck, haïtien formé en Allemagne, et la complicité scénaristique de Pascal Bonitzer. Et même, sans doute, totalement contre-productif si le propos consistait à diffuser les concepts communistes.

Karl barbu

Sans se référer aux millions de victimes du communisme et à son effondrement ultérieur, on ne peut que noter que, malgré les similitudes des bouleversements affectant l’économie de l’époque avec ceux que nous connaissons aujourd’hui, les thèses de Karl Marx étaient « justes » face à la misère du prolétariat de cette période. Sont-elles encore pertinentes aujourd’hui ?

N’en déplaise à certains que l’on entend très fort en ce moment, la situation des travailleurs, dans les pays développés, même si elle est parfois cruelle, n’est plus celle d’une urgence vitale …

Jenny - Vicky Krieps

 

Proudhon

Le casting est judicieux : August Diehl, Stefan Konarske (craquant et tellement sympathique dans le costume d’Engels) et le rôle éminent de Jenny Marx, cette belle aristocrate qui accepte la misère de cette vie de proscrits avec ses deux filles (Vicky Krieps). Mention spéciale à Olivier Gourmet, dans le rôle de Proudhon, qui se fait laminer par Karl Marx …

Donc, un film qui fait oublier l’icône du barbu aux cheveux crépus et blancs, utile pour parfaire sa culture générale …

Posté par mpbernet à 08:36 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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