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11 novembre 2017

On la trouvait plutôt jolie, thriller de Michel Bussi

michelBussi

Je suis bien ennuyée …

Fidèle lectrice de tous les livres de Michel Bussi, je me suis naturellement précipitée sur son dernier ouvrage, acheté en même temps que celui d’Olivier Norek. Première constatation : ces deux écrivains sortent en même temps un thriller qui traite du même sujet : les migrants.

Quand Norek nous fait pénétrer dans la jungle de Calais, Bussi nous raconte l’épopée d’une malienne encore très séduisante, la belle Leyli, depuis Ségou (un clin d’œil au beau roman de Maryse Condé paru en 1984) à Port de Bouc, et de ses trois enfants Bamby, Alpha et Tidiane. Personnages attachants, certes, en particulier Bamby la belle métisse partie à la recherche par tous les moyens de son père parmi les cadres d’une organisation humanitaire qui fait son beurre sur le dos des réfugiés, ou Ruben, le gérant de l'hôtel Ibis où travaille, enfin en CDI, Leyli.

C'est un roman truffé de références : en dehors du titre emprunté à la chanson de Pierre Perret, l'allusion à la chouette me rappelle irrésistiblement le polar de Michael Connelly "L'oiseau des ténèbres", à l'intrigue bien mieux troussée ...

Ce qui me gêne aussi, malgré la parfaite fluidité de style de l’auteur, c’est qu’après avoir admiré la savante construction de ses précédents romans, j’en ai découvert le ressort. Et, dans chacun d’eux, je retrouve cette mécanique du « basculement ». Vous vous croyez plongé dans un décor, une histoire, un cadre, et puis tout d’un coup, dans les dernières pages, le voile du temple se déchire et vous vous retrouvez propulsé totalement ailleurs, avec cette impression d’avoir été roulé dans la farine, avec l’irrésistible envie de revenir à la première page pour vous demander où vous avez loupé l’indice qui vous aurait permis de comprendre. C’est une des techniques les plus fréquemment employées par les auteurs de thrillers – le coup de tonnerre le plus spectaculaire étant sans doute celui de « La tache » de Philip Roth paru en 2000.

Ainsi, dans tous les romans de Michel Bussi, il y a un lourd secret de famille, source d’une vengeance, qui offre au lecteur un improbable retournement de situation. Cela semble devenir, au fil des années, un système, une matrice qui lui permet, tout en variant les décors – il ne se limite plus à sa Normandie natale – de bâtir une intrigue servant de prétexte à la dénonciation des carences de notre civilisation : ici, l’hypocrisie du regroupement familial et la corruption de certaines organisations, la vie en marge des travailleurs immigrés, le mépris dans lequel sont tenus ceux qui sont parvenus à rejoindre nos côtes alors qu’ils sont les plus forts, les plus malins et les plus courageux de leur communauté et que nous les rejetons dans des emplois minables. Un discours qui me rappelle celui de Donna Leon dans sa série des enquêtes du commissaire Brunetti.

Cela fait sans doute pleurer dans les chaumières, mais ne me suffit pas ou plus ... Désolée, je suis déçue.

On la trouvait plutôt jolie, thriller de Michel Bussi, aux Presses de la Cité, 464 p., 21,90€

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    le basculement

    effectivement, cette technique finit par lasser... Michel Bussi l'assume lui-même d'ailleurs, lors d'une rencontre en médiathèque il a expliqué comment dans chacun de ses romans il prévoit et organise un "twist" de son scénario. quant à moi je préfère aussi notre vieux Hieronymus Bosch. Bonnes futures lectures.

    Posté par Brigitte, 11 novembre 2017 à 15:45

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