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17 avril 2020

Alexandre le Grand, le roman d'un dieu, par Maurice Druon

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Maurice Druon (1918 – 2009), familier des fresques historiques à succès - Les grandes familles, Les Rois maudits – choisit comme narrateur le point de vue du devin personnel du conquérant, Aristandre de Telmessos, sage entre les sages, qui accompagna le divin Alexandre dans toute son épopée à travers l’Asie.

 

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La lecture de l’introduction apporte une clé pour comprendre à la fois le héros et l’auteur de cette biographie. Il y est fait état d’un point commun psychologique entre certains grands personnages de l’Antiquité : Romulus, Moïse, Jésus et Alexandre. Tous sont de grands illégitimes, illustres bâtards affirmant un lien filial avec une divinité, et réunissant aptitudes exceptionnelles, vocation messianique, agilité d’esprit, révolte contre le milieu natal, colères, fugues, sagesse et violence … Car Maurice Druon fut, lui aussi, un enfant non reconnu par son père qui se suicida avant sa naissance. Il comprend donc très précisément les ressorts de la carrière époustouflante de ce surdoué que fut Alexandre, fils de Philippe de Macédoine et d’une prêtresse et hétaïre, qui prétendait avoir été fécondée par Zeus-Amon …

 

Alexandre

 

Aucun péplum à gros budget, aucune bande dessinée si documentée soit-elle ne peut décrire la saga de ce jeune homme courant après son destin, toujours poussé plus loin à l’est, vainqueur d’armées redoutables, entouré de complots, fondateur d’une myriade de villes, traceur de routes et de relais, administrateur avisé d’un empire où il introduit la culture grecque de l’Anatolie à l’Indus, tout cela avant sa trente-troisième année.

La chronique s’appuie sur les nombreux écrits des contemporains et même si les effectifs des troupes en ligne sont naturellement exagérés selon la manière du temps, on mesure aujourd’hui ce que furent les difficultés surmontées en ce quatrième siècle avant Jésus-Christ. Il suffit de regarder une carte … C’est absolument incroyable. Avec toujours, cette prégnance de la religion, l’importance des oracles, la place des devins …

Après avoir lu l’ouvrage de référence de Maurice Sartre portant sur le Levant antique après la mort d’Alexandre, il m’était indispensable de découvrir comment les généraux proches du jeune conquérant avaient accompagné son épopée avant de s’en partager les dépouilles.

Et en plus, je comprends enfin le principal thème des discours de Démosthène, que j’ai vaguement étudiés lors de mes jeunes années, et qui n’est pas décrit sous le meilleur jour …

Je le répète, aucun roman ne pourrait imaginer une telle aventure …

 

Alexandre le Grand, le roman d’un dieu (1958), biographie romancée par Maurice Druon avec la collaboration de Matthieu Galey (1934 – 1986).

Posté par Bigmammy à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • J'ai appris les détails du partage du royaume d'Alexandre en khâgne, il y a plus d'un demi-siècle, c'est là que j'ai découvert les mots Lagides et Séleucides...
    Vous me donnez envie de rouvrir le volume, déjà ancien, de L'Univers des formes consacré à cette période, ce sera pour le café du déjeuner.
    Un des spécialistes actuels de la question est Pierre Briant, professeur au Collège de France (mais j'ai toujours de la tendresse pour l'Alexandre de Roger Peyrefitte, qui y voyait l'oeuvre de sa vie).
    Heureux ceux qui ont des bibliothèques bien garnies !

    Posté par HK19, 17 avril 2020 à 10:34

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