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11 juin 2016

Albert Marquet, peintre du temps suspendu au Musée d'Art Moderne

Sergentcoloniale

Hiver

Comme je le disais déjà lors de sa précédente exposition en 2008 au musée de la Marine, j'ai découvert les paysages d'Albert Marquet en visitant le musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, en 1962. C'est un souvenir très vif et pourtant je n'avais que 16 ans.

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Quel plaisir de retrouver ces scènes tranquilles, comme ouatées, pratiquement dénuées de personnages ou réduits à des points, avec une constante : l'eau. Des rivières et plus particulièrement la Seine, les ports, les baies (Naples, Alger, Honfleur ...), le reflet en miroir de la végétation dans l'eau calme (ici, je "pose" devant l'Ile aux cygnes, l'été à Herblay en 1919), la mer ...

 

 

Honfleur, le mas pavoisé

Pas de grands formats.

Peu de portraits, sauf au début, des académies ou cet extraordinaire sergent de la coloniale, brossé à grands traits.

De ces années de formation en atelier - celui de Gustave Moreau - Albert Marquet a conservé des amitiés solides, surtout avec Henri Matisse. Et une grande constance dans les thèmes et les tonalités.

Marquet produisait beaucoup. Il était sous contrat avec plusieurs galéristes, voyageait autour de la Méditerranée. Ses photographies le montrent sous les traits d'un homme sérieux, en costume trois ièces. Pas d'un peintre maidit. Au moins deux collectionneurs russes lui achètent de nombreuses oeuvres - ce pourquoi un grand nombre ornent aujourd'hui les musées russes.

Trop âgé pour la Grande Guerre, il s'intalle à Alger pendant la deuxième guerre mondiale. Mais jamais il ne devient un peintre orientaliste. Il a toujours le même style, un fauvisme apaisé.

marins

Les vues prises de sa fenêtre parisienne du quai des Grands Augustins nous donnent à voir la Seine et ses quais encombrés, les fumées de l'hiver, la crue phénoménale de janvier 1910 : en ce temps-là aussi, les badauds se pressent sur les garde-corps du Pont Neuf pour regarder le flot boueux. Magnifique aussi, le tableau de Paris de nuit, ave les néons de La Samaritaine, retouché en 1940.

Albert Marquet

Marquet-persienne-verte

 

onondations 1910

Emouvant enfin, les petits formats des dernières années, et le dernier opus : la persienne verte, comme une page tournée. Albert Marquet meurt en janvier 1947, à 72 ans.

 

Albert Marquet (1875 - 1947) au Musée d'Art Moderne, jusqu'au 21 août, tous les jours sauf le lundi de 10 h. à 18 h., 12€

Posté par Bigmammy à 08:12 - Lu et vu pour vous - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Merci de partager avec nous vos visites d'expositions ou de musées, toujours très intéressantes. J'ai vu dans un JT un court reportage sur cette exposition du peintre Albert Marquet que je ne connaissais pas et dont le style me plaît beaucoup.

    Posté par Catherine, 11 juin 2016 à 15:05
  • Je suis allée voir cette expo au mois d'avril et j'ai beaucoup apprécié ce peintre que je ne connaissais pas.
    Article sur mon blog http://auxfeelsdutemps.canalblog.com/archives/2016/04/23/33700152.html
    Merci pour ce partage

    Posté par auxfeelsdutemps, 11 juin 2016 à 19:45

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