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04 novembre 2018

Vagues de renouveau, estampes japonaises modernes à la Fondation Custodia

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Il aura fallu cette magnifique exposition d’estampes japonaises modernes (1900 à 1960) pour nous faire découvrir la Fondation Custodia* qui met en valeur à Paris la culture néerlandaise. Et pour moi, fan de tout ce qui touche au Japon, c'était une priorité : vive l'année du Japon à Paris qui nous offre de si intéressantes manifestations !

 

Car il ne faut pas oublier que les Hollandais ont été les premiers dès 1609 et longtemps les seuls à commercer avec l’empire nippon. Et c'est à travers l'importation d'ouvrages scientifiques traduits du néerlandais que les élites japonaises - des précurseurs du siècle des Lumières - ont commencé à s'informer des avancées technologiques et médicales européennes …. Cela crée des liens.

Tout le monde connaît les extraordinaires peintres d’estampes qui ont exercé cet art populaire depuis le XVIIème siècle : Hokusaï, Utamaro, Kuniyoshi, Hiroshige et tant d’autres …

 

Cependant, l’art de la gravure sur bois ne s’est pas interrompu avec l’ouverture du Japon aux influences occidentales à partir de 1853, bien au contraire …

 

En témoigne de façon magistrale « Vagues de renouveau » qui est la première exposition en France consacrée à la collection d’estampes modernes débutée par Elise Wessels depuis 25 ans. Cet ensemble est aujourd’hui conservé au musée Nihon no hanga à Amsterdam et sera prochainement offerte au Rijksmuseum.

A la fin du XIXème siècle, l’ouverture du Japon vers l’Occident eut des conséquences profondes sur le contexte de production des estampes, car les procédés modernes de reproduction importés d'occident faisaient concurrence à l’impression sur bois artisanale. En outre, il convenait de renouveler le répertoire traditionnel des sujets à représenter – le quartier des plaisirs, les geishas, le théâtre, les samouraî. Et de nombreux Japonais étaient partis en Europe et aux Etats-Unis pour y étudier les beaux arts.

Au début du XXème siècle, deux mouvements émergent : d’une part, l’éditeur Watanabe se met à la recherche d’artistes novateurs mais conservant la technique traditionnelle du travail entre quatre acteurs : l’artiste, le graveur, l’imprimeur et l’éditeur. C’est ce qui devient « la nouvelle estampe » ou shin hanga.

D’autres artistes, influencés par l’art occidental, estimaient que le créateur du dessin devait garder le contrôle de toutes les étapes du processus de réalisation et se mirent à dessiner, graver et imprimer eux-mêmes leurs estampes. Ce sont les « estampes créatives » ou sosaku hanga.

 

 Cette exposition présente 200 œuvres du Japon moderne et une cinquantaine d'artistes, certains se situant dans la droite ligne des maîtres anciens avec des sujets contemporains, d’autres très marqués par influence occidentale … mais avec toujours cette poésie, cette beauté tranquille des paysages, de la pluie, de la neige, de jolies femmes à leur toilette, lavant leur longue chevelure, parées de kimonos somptueux … Le Japon est reconnu comme alliant avec bonheur tradition et modernité.

 

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Je ne saurais ici citer tous ces dessinateurs : Yamamoto Kanae, Hashiguchi Goyo, Honchi Koshiro, Kawase Hasui, Yoshida Hiroshi ... et je recommande de regarder avec attention au sous-sol le film décrivant les étapes de production de ces oeuvres depuis la gravure sur une plaque de cerisier, la précision de l'incision, l'encrage, le repérage des différentes couleurs ... Passionnant !

Une découverte qui me donne une furieuse envie de me rendre chez mon vendeur d’estampes habituel, à l’ombre de l’église Saint Sulpice.

 

Vagues de renouveau, estampes japonaises modernes 1900 – 1960. Exposition à la Fondation Custodia, 121 rue de Lille, Paris VIIIème, ouvert tous les jours sauf le lundi à partir de 12 h. 10€. jusqu'au 6 janvier.

 

 

 

 

 

 

*La Fondation Custodia a été créée en 1947 par l’historien d’art et collectionneur néerlandais Frits Lugt (1884 – 1970), spécialiste des dessins et des estampes établi très tôt à Paris. Dix années plus tard il fonda également l’Institut Néerlandais, logé également dans cet immeuble qui recèle l’Hôtel Turgot.

Posté par mpbernet à 08:08 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Merci pour la découverte de cette expo et aussi de cette Fondation que je ne connaissais pas et dont je conserve l'adresse pour de prochaines virées parisiennes !

    Posté par Lubans, 04 novembre 2018 à 09:50

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